Forums intersectoriels

Les chercheurs dans la sphère publique

Le vendredi 4 décembre 2015*, à la Grande Bibliothèque, Montréal

*Participation sur invitation seulement.

Contexte

Ces dernières années, certains groupes ou segments de la société québécoise remettent en question des consensus scientifiques. Les controverses sur les changements climatiques, le mouvement anti-vaccin et la popularité de sites Internet pseudoscientifiques démontrent à quel point l’information scientifique crédible est confrontée. Celle-ci permet pourtant de mieux comprendre les phénomènes sociaux, économiques, médicaux, environnementaux et ainsi d’éclairer la décision des gouvernements, des organismes, des entreprises et des citoyens. Dans ce contexte, les Fonds de recherche du Québec (FRQ), dont les mandats visent la production et la diffusion de connaissances, veulent contribuer à mieux faire connaître et comprendre la recherche auprès du grand public, comme ils s’y sont engagés en 2014 dans leur stratégie de mobilisation des connaissances et dans ses plans stratégiques.

Au printemps et à l’été 2015, le scientifique en chef a rencontré des acteurs clés de la communauté de la recherche et de la diffusion des connaissances. Tous ont partagé les préoccupations des FRQ et certains ont formulé des propositions. À la suite de ces rencontres, les FRQ ont tenu un forum auquel plus de 150 représentants de la communauté de la recherche, des milieux de la diffusion scientifique et de la société civile ont participé, afin de discuter de pistes d’action pour encourager les chercheurs et les étudiants à investir davantage l’espace public.

Documents d’intérêt

Objectifs des Fonds de recherche du Québec

  • Améliorer les programmes des FRQ pour une meilleure reconnaissance des activités de diffusion des connaissances, voire considérer l’établissement d’un programme, pour faciliter l’intervention des chercheurs et des étudiants dans l’espace public;
  • Explorer les avenues de partenariat avec les universités et les collèges afin qu’ils soutiennent davantage les activités de diffusion de leurs chercheurs et étudiants;
  • Explorer des avenues de partenariat avec la communauté scientifique, les communicateurs scientifiques et les grands médias pour rendre l’information scientifique plus accessible aux publics les plus sensibles;
  • Identifier des pistes de recherche pour mieux comprendre le phénomène de remise en question des consensus scientifiques et améliorer la pratique en matière de mobilisation des connaissances.

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Programme

Animation : Françoise Guénette

8 h

Inscriptions


8 h 45

Mot d’ouverture

  • Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec

9 h

Conférence d’ouverture

Responsabilité des chercheurs et des média dans l’espace public

  • Yves Gingras, professeur au Département d’histoire de l’UQAM, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences

Les discours sur les rapports entre sciences et société incitent de plus en plus les chercheurs à intervenir dans la sphère publique, comme s’il suffisait d’accroître leur présence dans les médias pour faire la promotion des sciences et des carrières scientifiques. Dans cette conférence, on rappellera les contraintes propres au champ médiatique et l’importance de l’autonomie de la recherche pour assurer la confiance du public envers les chercheurs. Les médias étant le filtre incontournable de l’accès des chercheurs au public, on rappellera l’importance pour les journalistes de mieux comprendre la logique de la recherche scientifique et ses contraintes et le danger pour les institutions de recherche de succomber à la logique médiatique en multipliant des promesses qu’elles ne peuvent tenir, simplement pour attirer l’attention et la sympathie du « public ».


9 h 30

Session 1

Pour une meilleure reconnaissance des activités de diffusion des chercheurs et des étudiants : le rôle des FRQ

Les FRQ veulent encourager davantage les chercheurs et étudiants qu’ils soutiennent à diffuser eux-mêmes dans l’espace public les résultats qu’ils produisent, ou les expertises qu’ils détiennent. Ils veulent aussi pouvoir accroître le nombre de chercheurs qui deviendront des références pour tel ou tel champ de recherche pour les grands médias et le grand public. Dans ce sens, les FRQ envisagent avec ce forum de bonifier leurs programmes, voire de mettre en place un programme spécifique ou des initiatives pour encourager les activités de diffusion grand public. La forme que pourraient prendre un tel programme ou de telles initiatives reste à déterminer.

Intervention du panéliste (10 minutes)

  • Renaldo Battista, directeur scientifique du Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS)

Échanges avec les commentateurs (10 minutes)

  • Joël Bêty, professeur de biologie à l’UQAR et directeur adjoint du Centre d’études nordiques
  • Luc-Alain Giraldeau, professeur au Département des sciences biologiques et doyen de la Faculté des sciences de l’UQAM
  • Serge Larivée, professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal
  • Sonia Lupien, professeure au département de psychiatrie de l’Université de Montréal et directrice du Centre d’études sur le stress humain de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal

Échanges avec les participants dans la salle (50 minutes)


10 h 40

Pause


11 h

Session 2

Mieux soutenir les activités de diffusion des chercheurs et étudiants : le rôle des universités et des collèges

Pour encourager davantage les chercheurs à investir l’espace public, les universités et les collèges jouent un rôle central. Par leur capacité à mobiliser leur communauté, ils peuvent permettre une meilleure reconnaissance des activités de diffusion grand public des chercheurs, notamment dans le processus d’avancement de carrière. Par le développement de leur offre de formation, ils peuvent initier les chercheurs et les étudiants aux bases de la communication. D’autres formes de soutien et d’accompagnement pourraient aussi être envisagées, avec les services de communication notamment. Cependant, une telle reconnaissance suscite un questionnement : Comment concilier, dans une même carrière, le développement des activités de diffusion avec les impératifs de publication et le maintien d’une crédibilité scientifique ? Comment intégrer la formation aux compétences transversales dans l’offre actuelle de formation ? Quelle serait l’implication souhaitée des services de communication ? Quels partenariats établir entre les FRQ et les réseaux universitaires et collégiaux à cet égard ?

Intervention des panélistes (15 minutes)

  • Daniel Coderre, recteur de l’INRS et premier vice-président du Bureau de coopération interuniversitaire
  • Jacques Beauvais, vice-recteur à la recherche, à l’innovation et à l’entrepreneuriat de l’Université de Sherbrooke
  • Claire Boulé, directrice générale du Réseau Trans-tech

Échanges avec les commentateurs** (10 minutes)

Échanges avec les participants dans la salle (50 minutes)


12 h 15

Repas


13 h 30

Conférences

L’Acfas et les chercheurs : rôles et responsabilités dans le dialogue science et société ?

  • Louise Dandurand, présidente de l’Acfas

L’Acfas est au cœur du milieu de la recherche francophone depuis plus de 90 ans. L’importance du dialogue entre les chercheurs et la société est inscrite dans la mission même de l’Association. Depuis de très nombreuses années, elle en fait activement la promotion. Ceci se traduit notamment par des actions concrètes d’accompagnement des chercheurs dans leurs démarches de mobilisation des connaissances et de diffusion des savoirs. Quelles sont les conditions propices à l’établissement de ce dialogue entre les chercheurs et les différents acteurs de la sphère publique : citoyens, médias et pouvoirs publics ? Quels sont les rôles et responsabilités de chaque acteur dans l’atteinte de cet objectif ? Quelles avenues de collaboration sont à explorer pour mieux faire comprendre et connaître l’importance des résultats de recherche dans l’amélioration des conditions de vie en société ?

Le climatoscepticisme : quels vecteurs, quelle(s) influence(s), quelle légitimité ?

  • Sebastian Weissenberger, professeur associé à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM

Peu de sujets ont fait l’objet d’une controverse médiatique aussi intense que les changements climatiques, alors qu’ils font l’objet d’un consensus scientifique quasi-universel. Nous allons brièvement analyser les raisons qui ont pu mener à cette dissonance entre les sphères scientifique et médiatique. Il existe en fait plusieurs types de discours climatosceptiques, dont certains sont basés dans une critique individuelle d’un discours scientifique dominant alors que d’autres émanent d’une stratégie planifiée de confusion de l’enjeu scientifique des changements climatiques à des fins politiques et économiques. Le succès de cette stratégie, la réceptivité importante du public ainsi que les différences observées entre pays et sphères culturelles-linguistiques nous incite à nous poser des questions fondamentales sur la communication de la science et la relation entre science, média et public dans un contexte d’enjeux sociaux importants.


14 h 10

Session 3

Mieux travailler en partenariat avec les grands médias, les médias spécialisés et les médias sociaux

Le mouvement climatosceptique, les informations scientifiques erronées sur Internet ou encore les mouvements anti-vaccins posent de nouveaux défis. Les organismes de culture scientifique doivent faire valoir des informations scientifiques dans un environnement où la population a facilement accès à des informations fondées sur des croyances, des mythes ou des idéologies… Les chercheurs, quant à eux, ont besoin de se démarquer des autres acteurs de la scène médiatique en témoignant de la valeur de leur démarche scientifique, dans la limite de leur domaine de compétences. Doivent-ils revoir leurs approches ou stratégies ? Comment innover pour faire entendre la voix de la recherche auprès de tous les publics, en tenant compte des nouvelles pratiques médiatiques et numériques ? Quels partenariats les FRQ pourraient-ils envisager pour soutenir les organismes de culture scientifique et les grands médias dans la réalisation de ces nouveaux défis ? Quels outils pourraient-ils contribuer à développer ?

Intervention des panélistes (15 minutes)

  • Stéphanie Thibault, présidente de l’Association des communicateurs scientifiques du Québec
  • Carole Graveline, directrice des relations médias de l’Université McGill
  • Yann Pineau, directeur principal, amélioration continue de La Presse

Échanges avec les commentateurs** (10 minutes)

Échanges avec les participants dans la salle (50 minutes)


15 h 30

Réactions

  • Maryse Lassonde, directrice scientifique du Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies (FRQNT)
  • Renaldo Battista, directeur scientifique du Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS)
  • Diane Berthelette, vice-présidente du conseil d’administration du Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC)

15 h 45

Mot de clôture

  • Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec

15 h 50

Échanges informels

Des représentants des FRQ seront disponibles pour échanger avec les participants. Des rafraichissements seront servis.


17 h

Fin de l’activité

 

**Les commentateurs sont :

  • Joël Bêty, professeur de biologie à l’UQAR et directeur adjoint du Centre d’études nordiques
  • Luc-Alain Giraldeau, professeur au Département des sciences biologiques et doyen de la Faculté des sciences de l’UQAM
  • Serge Larivée, professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal
  • Sonia Lupien, professeure au département de psychiatrie de l’Université de Montréal et directrice du Centre d’études sur le stress humain de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal